Cette musique d’accompagnement avait pour but d’apaiser le patient et de lui insuffler la confiance dans cette thérapie pour ainsi stimuler ses capacités d’auto-guérison.
Cette technique qui, au début du siècle dernier était considérée comme de la charlatanerie, est aujourd’hui mieux comprise et s’avère être une source d’enseignements sur l’effet psychosomatique des sons et des rythmes.
Dans certaines cliniques de la douleur américaines, des techniques chamanes comme les chants, les tambours ou l’hypnose sont ainsi aujourd’hui utilisées à des fins thérapeutiques. Les expériences réalisées ont en effet démontré que le tambour des chamanes harmonise l’activité neuronale du cerveau. Une série d’environ 200 battements de tambour par minute produit des état de conscience qui exercent un effet positif sur l’organisme et permettent d’obtenir des effets thérapeutiques secondaires bénéfiques.
La musicothérapie médicale par résonnance est une méthode actuelle qui s’appuie sur les lois de l’harmonie pythagoricienne. Lui-même inspiré par le mythe du chanteur Orphée, qui chantait et jouait de la lyre d’une manière si envoutante que les animaux sauvages et même les arbres et les rochers le suivaient, Pythagore était en effet convaincu que la musique dépendait des lois de l’harmonie du cosmos et supplantait ainsi tous les autres médicaments.
La musicothérapie s’appuie sur la musique du compositeur et musicologue Peter Hübner, qui considère ses productions musicales comme des traitements d’une « pharmacie numérique ». Elle s’appuie sur le principe de la résonance, c'est-à-dire que l’harmonie parfaite contenue dans ces structures musicales génère dans l’organisme une résonance qui circule des oreilles au cerveau puis du cerveau aux différents organes.
Aujourd’hui la musicothérapie est surtout utilisée pour les maladies liées au stress. L’OMS l’a même déclarée « moyen le plus efficace contre le stress ». Elle aurait également été bénéfique dans les cas d’hypertension, d’anxiété, de troubles du sommeil et de troubles neurophysiologiques, et ce, notamment chez les femmes enceintes. Une étude a ainsi démontré que la musicothérapie médicale par résonance aurait contribué à rétablir le sommeil chez 68% des femmes enceintes souffrant de troubles du sommeil. Par ailleurs, chez 34% de femmes souffrant d’hypertension, la pression sanguine aurait diminué, et la sécrétion élevée de cortisol et d’œstradiol, les hormones du stress, auraient chuté de 17%.
Si la musicothérapie fait l’objet d’études de chercheurs passionnés, il est une observation qui fait d’ores et déjà l’unanimité au sein du corps soignant : la musique qui plaît aide à soigner. Le Pr Speckmann, chercheur spécialisé en neurosciences, plaide pour une musique qui entraîne une activité cérébrale moyenne, comme celle de Carl Orff par exemple, ou toute autre musique suivant les sensibilités musicales des patients. L’une des raisons du déclenchement par la musique de réactions corporelles positives et propices à la guérison est la sécrétion en plus grande quantité de la bêta endorphine. Cette protéine, que le corps fabrique naturellement, active des récepteurs spécifiques, bloque la transmission des signaux de douleur au cerveau et provoque un état euphorique qui empêche la sensation de douleur de se manifester, apaise le patient et stabilise son humeur.
Source : Hear the World, n15.