« Nos travaux montrent que la capacité du cerveau à traiter l’information auditive est perturbée. Cela signifie qu’il n’y a pas seulement les fonctions cognitives qui sont atteintes par les commotions cérébrales. Les fonctions sensorielles comme l’audition peuvent aussi l’être », explique Dave Ellemberg, professeur au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal et coauteur de l’étude.
Les résultats de cette étude publiée dans Ear & Hearing ont de quoi inquiéter. Seize athlètes membres d’équipes collégiales et universitaires âgés de 21 à 29 ans et pratiquant le football y ont testé leur audition selon un protocole scientifique. 8 d’entre eux avaient déjà subi au cours des 10 dernières années entre 1 et 5 commotions cérébrales.
Premier constat : le système auditif de tous les participants ne présentait pas de dysfonctionnement « mécanique », c'est-à-dire que leur appareil auditif accueillait, amplifiait et transmettaient normalement les sons au cerveau.
Second constat, inquiétant celui-là : 5 participants ayant souffert de traumatismes ont présenté des déficiences dans le traitement « cérébral » des informations sensorielles. Ils présentaient en effet des difficultés à déchiffrer les sons, et ce, même parmi ceux dont les commotions remontaient à plus de dix ans.
« Cela nous indique que les aires primaires du cerveau qui sont responsables des informations sensorielles comme le cortex auditif sont perturbées par les traumatismes crâniens, et cela durant de nombreuses années », explique le professeur Ellemberg, qui a supervisé la présente étude.
Source : ruefrontenac.com 14.04.2011